Sommaire numéro 2
Etat d’urgence
Georges Labica Vers une économie de l’ignorance Nico Hirtt
Ecole : la guerre des classes Christian Laval
Les africains n’ont pas d’histoire Pierre Lex
Le RMI est mort, vive le RMI ! Baptiste Mylondo
D’une rive à l’autre Fouquier-Tinville
La face cachée de la droite décomplexée Paul Ariès
Ne pensez plus, travaillez ! Charlotte Belge
Le triomphe du marché, ou les anti-lumières Jean-luc Pujo
L’immigration choisie, vue par ses inventeurs Paul Ariès
Quelle refondation ? Alain Accardo
|
|
État d’urgence (extrait)
Georges Labica, Philosophe
Pourquoi près de 19 millions de Français ont-ils voté pour
Nicolas Sarkozy, en dépit de la mauvaise image du personnage
et de sa participation à deux gouvernements
dont la politique fut désavouée aussi bien dans la rue que
dans les urnes? Comment expliquer ce retournement de
situation? Sont en cause : la personnalisation du pouvoir,
un style iconoclaste et provocateur, des thèmes de campagne
racoleurs et démagogiques, et, pour une grande
part, les comportements d’une gauche divisée et désincarnée.
Un hiatus semble s’être établi entre le politique,
représenté par la « classe » des élus, et le peuple, réduit
à la condition passive de consommateur et à un asservissement
volontaire. Voici venu le temps de l’action, pour
en finir avec les impuissances et les démissions.
Dans le déluge de commentaires,
d’impressions et d’interprétations
qui a suivi les élections
présidentielles et législatives, il est singulier
que, au moins aux yeux de ceux
qui se réclament de la gauche, ne se soit
pas imposée la seule question qui possède
une importance décisive, savoir :
« Comment a-t-il été possible que près
de 19 millions de nos concitoyens aient
donné leurs suffrages à un Nicolas Sarkozy?
»...
Retrouvez la suite de cet article dans le numéro 2 du Sarkophage, en kiosque à partir du 15 septembre.
Vers une économie
de l’ignorance (extrait)
Nico Hirtt, Sociologue
Dire que l’enseignement est en crise tient désormais du lieu commun.
Année après année, ministre après ministre, les commissions et les rapports
d’experts, les enquêtes internationales et les grands débats nationaux
se succèdent pour nous dire combien le système éducatif est en rupture
par rapport aux attentes de la société. Mais si les statistiques confirment
que l’école va mal et que sa démocratisation annoncée n’a pas eu
lieu, on est pourtant en droit de s’interroger : est-ce en dépit des besoins
de l’économie, ou est-ce précisément en application de ses diktats ?
Sur cent personnes ayant été scolarisées
en France, neuf sont illettrées
et, à en croire l’enquête
PISA1, les choses ne seraient pas en
train de s’améliorer : près d’un jeune
Français sur cinq serait incapable de
mettre en oeuvre les compétences les
plus élémentaires sur le plan de la lecture
; tout au plus peuvent-ils lire, au
sens technique du terme, c’est-à-dire
déchiffrer, mais ils s’avèrent incapables
d’établir des relations entre différents
passages d’un texte ou d’y découvrir
des informations nouvelles. Il semblerait
même que les niveaux de performance
des élèves seraient en baisse sur
le long terme, du moins à niveau de
scolarité identique...
Retrouvez la suite de cet article dans le numéro 2 du Sarkophage, en kiosque à partir du 15 septembre.
Quelle refondation? (extrait)
Alain Accardo, Sociologue
Si à quelque chose malheur est bon, alors
peut-être pouvons-nous espérer que la
défaite de la gauche aux dernières élections
aura marqué la fin d’un long processus
de dégénérescence et le début d’un renouveau.
D’ores et déjà les appels à la refondation se
multiplient et l’idée que le combat anticapitaliste
a besoin d’une grande organisation politique
puissante et stable semble faire son chemin.
Dans cette perspective, il paraît utile de
formuler quelques réflexions qui, même
dépourvues d’originalité, demandent une
insistance particulière.
Refonder la gauche n’a de sens que s’il s’agit
de reconstituer une force de rupture avec le
capitalisme, visant à lui substituer un régime,
historiquement inédit, de démocratie inséparablement
politique-économique-sociale, sans
écarter a priori aucune des méthodes ni des
voies (consultations électorales, débats parlementaires,
manifestations de rue, grèves, désobéissance
civile, etc.) qui pourraient être utilisées
successivement ou simultanément pour
redonner à l’ensemble du peuple la souveraineté
confisquée par la ploutocratie bourgeoise...
Retrouvez la suite de cet article dans le numéro 2 du Sarkophage, en kiosque à partir du 15 septembre.
|