Le Sarkophage - Journal d'analyse politique - contre tous les sarkozysmes
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Numéro 15 en kiosque le 14 novembre 2009
Numéro 16 en kiosque à partir du 16 janvier 2010
Sommaire numéro 2

Etat d’urgence
Georges Labica

Vers une économie de l’ignorance
Nico Hirtt

Ecole : la guerre des classes
Christian Laval

Les africains n’ont pas d’histoire
Pierre Lex

Le RMI est mort, vive le RMI !
Baptiste Mylondo

D’une rive à l’autre
Fouquier-Tinville

La face cachée de la droite décomplexée
Paul Ariès

Ne pensez plus, travaillez !
Charlotte Belge

Le triomphe du marché, ou les anti-lumières
Jean-luc Pujo

L’immigration choisie, vue par ses inventeurs
Paul Ariès

Quelle refondation ?
Alain Accardo

État d’urgence (extrait)
Georges Labica, Philosophe

Pourquoi près de 19 millions de Français ont-ils voté pour Nicolas Sarkozy, en dépit de la mauvaise image du personnage et de sa participation à deux gouvernements dont la politique fut désavouée aussi bien dans la rue que dans les urnes? Comment expliquer ce retournement de situation? Sont en cause : la personnalisation du pouvoir, un style iconoclaste et provocateur, des thèmes de campagne racoleurs et démagogiques, et, pour une grande part, les comportements d’une gauche divisée et désincarnée. Un hiatus semble s’être établi entre le politique, représenté par la « classe » des élus, et le peuple, réduit à la condition passive de consommateur et à un asservissement volontaire. Voici venu le temps de l’action, pour en finir avec les impuissances et les démissions.
Dans le déluge de commentaires, d’impressions et d’interprétations qui a suivi les élections présidentielles et législatives, il est singulier que, au moins aux yeux de ceux qui se réclament de la gauche, ne se soit pas imposée la seule question qui possède une importance décisive, savoir : « Comment a-t-il été possible que près de 19 millions de nos concitoyens aient donné leurs suffrages à un Nicolas Sarkozy? »...

Retrouvez la suite de cet article dans le numéro 2 du Sarkophage, en kiosque à partir du 15 septembre.

Vers une économie de l’ignorance (extrait)
Nico Hirtt, Sociologue

Dire que l’enseignement est en crise tient désormais du lieu commun. Année après année, ministre après ministre, les commissions et les rapports d’experts, les enquêtes internationales et les grands débats nationaux se succèdent pour nous dire combien le système éducatif est en rupture par rapport aux attentes de la société. Mais si les statistiques confirment que l’école va mal et que sa démocratisation annoncée n’a pas eu lieu, on est pourtant en droit de s’interroger : est-ce en dépit des besoins de l’économie, ou est-ce précisément en application de ses diktats ?
Sur cent personnes ayant été scolarisées en France, neuf sont illettrées et, à en croire l’enquête PISA1, les choses ne seraient pas en train de s’améliorer : près d’un jeune Français sur cinq serait incapable de mettre en oeuvre les compétences les plus élémentaires sur le plan de la lecture ; tout au plus peuvent-ils lire, au sens technique du terme, c’est-à-dire déchiffrer, mais ils s’avèrent incapables d’établir des relations entre différents passages d’un texte ou d’y découvrir des informations nouvelles. Il semblerait même que les niveaux de performance des élèves seraient en baisse sur le long terme, du moins à niveau de scolarité identique...

Retrouvez la suite de cet article dans le numéro 2 du Sarkophage, en kiosque à partir du 15 septembre.

Quelle refondation? (extrait)
Alain Accardo, Sociologue

Si à quelque chose malheur est bon, alors peut-être pouvons-nous espérer que la défaite de la gauche aux dernières élections aura marqué la fin d’un long processus de dégénérescence et le début d’un renouveau. D’ores et déjà les appels à la refondation se multiplient et l’idée que le combat anticapitaliste a besoin d’une grande organisation politique puissante et stable semble faire son chemin. Dans cette perspective, il paraît utile de formuler quelques réflexions qui, même dépourvues d’originalité, demandent une insistance particulière.
Refonder la gauche n’a de sens que s’il s’agit de reconstituer une force de rupture avec le capitalisme, visant à lui substituer un régime, historiquement inédit, de démocratie inséparablement politique-économique-sociale, sans écarter a priori aucune des méthodes ni des voies (consultations électorales, débats parlementaires, manifestations de rue, grèves, désobéissance civile, etc.) qui pourraient être utilisées successivement ou simultanément pour redonner à l’ensemble du peuple la souveraineté confisquée par la ploutocratie bourgeoise...

Retrouvez la suite de cet article dans le numéro 2 du Sarkophage, en kiosque à partir du 15 septembre.